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UNCROSS YOUR LEGS, PLEASE!
Jeunes créateurs et coulisses de la mode, par Donald Potard
mode | 17.12.2010 - 11 h 10 | 13 COMMENTAIRES
Carine Roitfeld quitte Vogue France

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La direction de Vogue confirme la nouvelle. Surprise, la très médiatique CR quitte la rédaction en chef du prestigieux magazine. Il s’agirait d’un départ fin janvier. Pas d’ autre commentaire pour l instant…

En revanche le JDD est plus disert:

« Dans le milieu de la mode, son départ a fait l’effet d’un électrochoc. Il aurait été accéléré par une polémique autour du prix de l’Association Nationale pour le développement des arts de la mode, dont elle présidait pour la première fois jury. Ce prix a été décerné en juin au créateur turc Hakaan Yildirim, proche de Roitfeld. « Elle avait fait du magazine une sorte de baronnie corrompue, ajoute un fin connaisseur du milieu. Depuis plusieurs mois, on la voyait de moins en moins dans les défilés. Et son travail laissait perplexe la branche américaine de Condé Nast… »

Vogue a pourtant enregistré une diffusion France payée moyenne de 113.151 exemplaires en 2009-2010, en hausse de 6 % par rapport à la période précédente. Le nom d’Alexandra Golovanoff, journaliste à Paris Première, circule pour la remplacer. » Journal du dimanche

http://www.lejdd.fr/Medias/Presse-ecrite/Actualite/Carine-Roitfeld-quitte-le-magazine-Vogue-France-244873/

sur l’ANDAM:

http://donaldpotard.yagg.com/2010/07/07/la-lettre-anonyme-qui-rend-paris-murmurant/

Sur le départ de Carine Roitfeld:

http://www.vogue.fr/mode/news-mode/articles/carine-roitfeld-quitte-vogue-paris/6536

http://fr.news.yahoo.com/78/20101217/tcu-carine-roitfeld-quitte-vogue-54da62d.html

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mode | 30.09.2010 - 23 h 42 | 4 COMMENTAIRES
ELEGANCES

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 Reprenons le fil de notre conversation.    

Or ça, ce jeudi 30 septembre eut lieu rue de Valois la remise du prix de l’ANDAM* au créateur turc Hakaan Yildrim.    

Apres les polémiques que l’on connaît, dont celle déclenchée par la lettre (toujours) anonyme critiquant le choix de ce styliste, le Ministre de la Culture se serait bien passé de cette obligation de réception. Son discours, fort bien écrit, effleurait la surface des choses et rien ne fut dit qui pût choquer. En revanche, le désir très perceptible de tourner la page de cette triste édition fut fort bien compris de l’assistance.    

Puis, Pierre Bergé -Président de l’Andam – qu’on a connu plus enthousiaste, glosa sur ce Paris qui attire les artistes du monde entier. Décalé, lorsque l’on pense que le prix est remis à un créateur basé à Londres, et qui compte y rester. Là encore profil bas et élégance du non-dit.    

Hakaan Yildrim, chignon en bataille, fit un discours en turc que personne n’écouta mais qu’on applaudit chaudement.    

Hakaan Yildrim DR

Le plus intéressant, en revanche, fut l’absence de personnalités de premier plan.    

En premier lieu, celle, élégante, de Didier Grumbach, président de la fédération de la couture. Bien entendu, n’ayant pas don d’ubiquité, il se devait d’assister au défilé Nina Ricci qui se déroulait au même moment. Cependant, aucun autre membre de la fédération n’étant présent, il n’est pas impossible de penser qu’il rendait ainsi à Hakaan Yildrim la monnaie de sa pièce, eut égard à son mépris des coutumes du calendrier. Pensez donc que ce créateur qui s’était vu attribuer par la fédération un horaire tout à fait acceptable, l’avait refusé et préféré se mettre en « Off », à l’horaire qui lui convenait le mieux, se plaquant sur celui de la jeune maison Peachoo + Krejberg. Plus mal élevé, c’est difficile, surtout quand on vient de recevoir 220 000 € de la France pour défiler à Paris. Lire à ce sujet l’article de Jean Paul Cauvin  dans Prestigium.    

Plus surprenante, l’absence de la Présidente du jury, Carine Roitfeld, rédactrice en chef du Vogue ou de membre de son équipe. Pourtant, on avait été assez content de voir le Vogue France défendre la jeune création après la volée de bois vert reçue de la part d’Anna Wintour. Essayait-elle d’échapper à la polémique que certains lui reprochent d’avoir déclenchée en choisissant un créateur basé à Londres, dont c’était le premier défilé (lors que le règlement en prévoit deux), et dont le petit ami et associé est un photographe attitré de Vogue? Redoutait-elle les critiques telles celle de L’Express style de cette semaine qui ne trouve de bien au créateur que le choix de ses (très chers) mannequins? Pas du tout, l’absence de la rédactrice en chef était due à la préparation de son bal costumé qui avait lieu plus tard dans la soirée. Les masques tombent…    

Mais le plus grand absent de la réception fut finalement le champagne. Discours finis, rush sur le buffet où les bulles pétillent. Portées aux lèvres, grimace des invités.    

– « C’est du Crémant » annonce fièrement le maitre d’hôtel, signifiant au Tout Paris, plus habitué des grands crus que de la méthode champenoise, que le ministère suit les consignes d’économies ordonnées par le Chef de l’Etat.    

– « C’est la Loose ! » répond Cédric, grand promoteur du Dom Pérignon devant l’Univers.    

Demain, je lui demanderai s’il parlait seulement du champagne…    

     

ANDAM* Association Nationale pour le Développement des Arts de la Mode.    

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mode | 08.03.2010 - 23 h 06 | 25 COMMENTAIRES
DU RIFIFI DANS LA COUTURE

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Coup de pied dans la fourmilière de la mode: Carine Roitfeld, la glamoureuse éditrice en chef du Vogue France déclare au WWD, journal « officiel » de la mode que la Maison Balenciaga a blacklisté le Vogue France. Pas d’invitation au défilé, plus de prêt de vêtements, plus de publicité dans le magazine.

carine roitfeld dr

La presse française et étrangère vole au secours de l’Editrix : Balenciaga a « dépassé les bornes » dit l’Express.* « C’est probablement parce qu’elle n’a pas passé un total look » dit le New York magazine**.

Mais les rumeurs parisiennes sont moins tendres pour les deux stars de la mode que sont Carine Roitfeld et Emmanuelle Alt. La punition qu’elles subissent de la part de Nicolas Ghesquière, le talentueux et visionnaire directeur artistique de la célèbre maison, joyau de l’empire PPR n’aurait que peu de choses à voir avec la direction de l’illustre Magazine de Mode.

Il s’agirait en fait de punir Vogue pour les activités de conseil externe que certaines éditrices du magazine assurent en parallèle auprès de marques concurrentes, conseils que la maison Balenciaga trouverait trop grandement inspirés par son propre esprit créatif.

Décryptage : qu’elle soit exacte ou non, cette rumeur relance un débat qui, tel un serpent de mer renait chaque saison sur le rôle du journalisme et sur l’étrange éthique qui règne aujourd’hui dans une certaine presse.

Prenons une relation normale telle qu’elle devrait se passer entre une maison de mode et un magazine.

L’éditrice choisit des modèles en fonction du talent du créateur et du thème de son article. Le directeur de la publicité passe et contrôle que les maisons qui annoncent dans le magazine n’ont pas été oubliées dans les rubriques mode. Retour d’ascenseur, rien que de très normal. La maison est contente et envoie des fleurs à la rédactrice. Fin de l’acte.

Ca, c’est la presse du pays des Bisounours.

En réalité, c’est souvent le service publicitaire qui décide à quel nombre de parutions a droit telle maison en fonction de ses investissements dans le magazine. La rédactrice fait avec ce qu’elle peut. Les plus gros clients sont servis en premiers, les petits en second et il reste la portion congrue pour les jeunes créateurs sans budget, quand on ne les oublie pas totalement. Certains magazines se transforment ainsi en véritables catalogues, semblables à ceux des Galeries Lafayette au moment de Noël.

Mais il y a d’autres perversions plus graves encore. Par exemple, celle où la journaliste reçoit plus qu’un bouquet de fleurs. Les italiens sont coutumiers du fait et les retours d’ascenseurs peuvent aller du sublime voyage d’agrément à… une villa avec piscine en Toscane. Cadeau !

Nicolas ghesquiere dr

Ouvrons une parenthèse que je vous fasse rire.

Il y a quelques années, feu la rédactrice mode d’un grand quotidien recevait en cadeau, chaque hiver, plusieurs pelisses d’une grande maison trasalpine connue pour ses sublimes fourrures et sa généreuse reconnaissance pour le talent de certains échotiers.

Lors d’un voyage italien cette journaliste fut invitée par les propriétaires de la maison à un déjeuner traditionnel et familial. Elle fut reçue comme seuls les italiens savent recevoir, avec une grande simplicité et des produits d’exception. Lors de son retour à Paris, plutôt que de décrire le défilé, elle décida de parler dans son éditorial de la gentillesse des sœurs F… et décrivit en détail le grand cérémonial culinaire auquel elle avait assisté : Pasta fraiche, tomates rutilantes, Barolo d’exception, tiramisu de rêve etc… quinze jours plus tard arriva la malle habituelle contenant le cadeau fourré. Lorsqu’elle l’ouvrit : nib de vison ou de zibeline… la malle contenait son poids en spaghetti. Hé bé dis donc ! L’année suivante elle ne parla que du défilé.

A l’inverse, il y a des journalistes d’une telle probité qu’ils vont jusqu’à retourner les fleurs qu’on leur envoie, comme au WWD par exemple, mais c’est extrêmement rare.

Une autre très honnête Rédactrix française, me racontait hier que la directrice publicitaire d’une maison de mode (pas l’attaché de presse, notez bien) avait appelé la direction de son magazine pour se plaindre de ce qu’elle n’avait pas assisté à un défilé.

Pour en finir avec les relations distordues entre la presse et les maisons, il est temps de parler du sujet qui fâche: le consulting.

Quelques grandes rédactrices de mode en France et à l’étranger acceptent de faire du conseil pour certaines maisons. Ce qui se faisait jadis amicalement et gracieusement entre jeunes créateurs et copines rédactrices sympas s’est professionnalisé. Fini de jouer les petits bras : certaines rédactrices se font payer des sommes folles qui peuvent aller jusqu’à 10 000 Euros l’heure, ou un forfait de 50 000 Euros la journée. Chacun y trouve son compte car la maison a l’assurance que son produit plaira à la presse qui donne le ton.

Oui, mais voilà, il faut que la rédactrice soit prudente et pas trop gourmande… On se rappelle que la saison dernière, une de ces journalistes avait proposé le même décor, le même photographe et les mêmes mannequins à deux maisons différentes qui s’en sont rendu compte… « Un menteur doit avoir une bonne mémoire » disait déjà Quintilien.

Autre perversion du système : quand une rédactrice conseille une maison, puis une autre, puis une autre… elle imprime sa marque comme certains chirurgiens esthétiques font le même nez à toutes leurs clientes… Et les maisons s’énervent car elles pensent ne pas en avoir pour leur argent…

Certaines ne disent rien.

D’autres vont au clash.

CQFD.

Et voici cher lecteur, une nouvelle face cachée de la mode.

A tout bientôt.

Les article cités :

* http://www.lexpress.fr/styles/mode-beaute/mode/fashion-week/vogue-paris-blackliste-par-balenciaga_853687.html

** http://nymag.com/daily/fashion/2010/03/balenciaga_banned_carine_roitf.html

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