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UNCROSS YOUR LEGS, PLEASE!
Jeunes créateurs et coulisses de la mode, par Donald Potard
mode | 07.07.2010 - 17 h 17 | 0 COMMENTAIRES
les jeunes couturiers, suite

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La dernière minute des défilés

Toujours le dernier passage des défilés pour vous donner un peu de flair…

Avec tout d abord la reprise en main  de Worth, plus vieille maison de couture parisienne par Giovanni Bedin;

(premiere tentative d’interview filmée avec mon Flip…)

httpv://www.youtube.com/watch?v=F5DmPR1KmJE

httpv://www.youtube.com/watch?v=fPwtXgdkfi4

Puis le final de  Stephane Rolland

httpv://www.youtube.com/watch?v=sHtlMlQPqqo&feature=channel

Celui de mes chers Lefranc Ferrant

httpv://www.youtube.com/watch?v=evwZwCUNNCM

Et le défilé Mystique de Julien Fournié

httpv://www.youtube.com/watch?v=SG9R_TkNphQ

à Tout bientôt

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mode | 06.07.2010 - 08 h 03 | 4 COMMENTAIRES
Les jeunes couturiers défilent, et avec quel talent!

Ce matin sur LCI, 5 minutes de sport et 10 secondes de défilés (Dior). Pour une industrie qui dégage un chiffre d’affaires de 22 milliards d’Euros et montre de superbes images, ce n’est vraiment pas beaucoup…

Sur Uncross your legs, nous vous montrons ( au moins) les finals des défilés des jeunes couturiers qui vous permettent de voir l esprit d’une collection .

Voici donc le derner passages des talentueux créateurs que sont

Bouchra,

Christophe Josse

et Alexandre Vauthier

défilé Bouchra
httpv://www.youtube.com/watch?v=jhGTrXWQyWo

Christophe Josse

httpv://www.youtube.com/watch?v=v9r6meWwvMQ

Alexandre Vauthier

httpv://www.youtube.com/watch?v=erBcK2RGA_Q

Et vive la jeune création!

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mode | 27.06.2010 - 15 h 16 | 5 COMMENTAIRES
LES FEMMES QUI SONT LA MODE: BABETH DJIAN

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Rédactrice en Chef du Magazine Numéro, Elisabeth Djian, que nous appelons tous Babeth par tendresse, a été rédactrice à Glamour, Jill, Mixte et de nombreuses publications; Karl Lagerfeld lui  a consacré un livre magnifique, avec un joli compliment : « An eye with a voice ». Et c’est vrai que sa voix légèrement éraillée, sensuelle, joyeuse vous transporte toujours dans un univers de poésie, et que son œil fait mouche à tous les coups pour repérer Le meilleur modèle dans un défilé, Le nouveau photographe ou Le jeune styliste qui pointe. Babeth, grande prêtresse timide ne donne que très rarement des interviews. Pour votre bonheur, bande de petits vernis, elle vous parle aujourd’hui à cœur ouvert.   

Babeth Djian

 

DP : Tu as fondé plusieurs magazines en fait, moi j’ai connu la grande époque de Jill…C’était le premier et c’était déjà incroyable, c’étaient des images qu’on ne voyait nulle part ailleurs c’était différent.   

BJ : C’était le propriétaire d’une agence de mannequins qui m’avait appelé pour faire un journal et ça s’est fait comme ça. On m’a proposé cette liberté totale pour créer un magazine, je ne l’avais jamais fait donc j’ai foncé.C’était les débuts d’une presse avant-garde, avec une vraie vision de mode qui n’avait pas peur : les premiers garçons maquillés : Tanel photographié par Tony Viramontes… On a découvert des tas de photographes, Ellen von Unwerth, et plein d’autres, c’est la première fois que j’ai travaillé avec Peter Lindberg ;   

DP : Et ça a tenu quoi, 2 ans ? C’était joyeusement bordélique comme ambiance ! Personne pour prendre les ordres de publicité.   

BJ : Ca a tenu deux ans, parce que personne n’avait l’expérience d’un journal et on a ri, on nous appelait pour prendre de la pub, je ne savais même pas comment ça marchait. Ensemble, on s’est amusé, on a découvert des talents, ce que je fais toujours d’ailleurs, j’essaye d’avoir un œil, je ne suis pas journaliste comme je te l’ai dit.   

 DP :Tu n’es pas journaliste mais tu as quelque chose que beaucoup de journalistes ou de rédactrices de mode n’ont pas, tu as fait le studio Berçot.   

 BJ : Tu te rappelles, j’avais gagné le premier prix de la maille, avec comme jury Jean-Paul Gaultier et Azzedine Alaïa, grand Dieu !   

 DP : Ca explique que toi tu as d’abord un œil mode,   

BJ : C’est le B.A-BA quand même pour faire ce métier tu ne crois pas ?   

 DP : Ecoute, j’adorerais mais je m’aperçois que ce n’est pas toujours le cas, voire de moins en moins le cas, parce qu’il y a beaucoup de rédactrices aujourd’hui, surtout parmi les jeunes qui n’ont ni un œil, ni le sens de l’image.   

BJ :Bien sûr, bien sûr, bien sûr, mais la presse aujourd’hui, c’est souvent le nivellement par le bas.   

DP : Ben justement, parlons en…(Rires) Parlons en, parce que en effet, beaucoup de gens se plaignent que rares sont les magazines français qui ont une véritable personnalité, c’est-à-dire que tu as toujours les mêmes photographes, toujours les mêmes annonceurs (même si la c’est difficile de faire autrement), les mêmes mannequins, les mêmes thèmes.   

DJ : Je suis entièrement d’accord avec toi, et ils disent tous, que c’est à cause des annonceurs, ce qui est un faux problème, parce que même si les plus belles marques sont annonceurs aujourd’hui, quand tu veux placer un jeune créateur, il faut ne pas hésiter à le faire. Mais si tu veux aujourd’hui tout le monde est annonceur donc c’est un faux problème, un faux débat.   

 DP : Est-ce que les annonceurs ont déjà fait pression sur toi en disant, en disant arrêtez de passer ce jeune créateur ou…   

BJ : Jamais, jamais, et en plus, je vais te dire, plus de 10 ans, quand on avait créé le Mixte le premier sujet du mixte, c’était Nicolas Ghesquiere…Chez Balenciaga. Lui dit avoir été soutenu par la presse américaine tout de suite, je peux te dire que j’ai été l’une des premières à le soutenir. et aujourd’hui quand je pousse quelqu’un comme Guillaume Henry, – je fais 6 pages sur lui dans le prochain numéro-, ce n’est pas un annonceur. Et personne ne va rien me dire.   

 DP : Mais comment expliques tu le fait que ca empêche un grand nombre de tes consœurs de montrer de nouvelles images?   

 BJ : Elles ne s’intéressent pas au mouvement de la vie et pourtant que c’est la moindre des choses. Dans un mois et demi pendant la fashion week, le Bon Marché m’a demandé de choisir des silhouettes, j’ai dit je préfère pousser 23 talents que vous n’achetez peut-être pas aujourd’hui mais que vous achèterez demain. Donc ça n’est pas seulement de la presse si tu veux, c’est plus que ça. Mon métier est beaucoup plus large que la presse.   

 DP :Mais ça, c’est déjà intéressant et puis tout le monde ne fait pas ça en règle générale.   

 BJ : Non mais, c’est aussi pareil pour les photographes, j’étais la première à faire travailler de nombreux photographes, aujourd’hui ils sont tous au Vogue France, et ils ont plus le droit de travailler pour Numéro. Ce n’est pas grave, j’ai encore un œil, je trouve les suivants…   

Tony Viramontes

 

 BJ : En fait, je pense que c’est une espèce de mission, mais de mission d’une manière très légère que je me suis donnée tu vois, d’essayer de promouvoir toute la jeune génération encore et toujours, mais ce qui n’empêche pas aussi de pousser tous les créateurs que j’aime et qui sont dans des grandes maisons. Tu peux faire les deux.   

 DP : Quels messages on peut donner aux patrons de presse aujourd’hui, y compris à eux qui empêchent leurs journalistes d’assister au défilés. ?   

BJ : D’avoir des gens qui ont une culture mode, qui ont un œil mode, un œil photographique c’est très très important, et des équipes très enthousiastes qui ont envie, je pense que c’est ça, je pense que c’est l’envie, que c’est la passion, que c’est tout ça qui porte les choses, non ?   

La liberté d’esprit c’est capital, ils sont dans un conformisme total. Cela dit, est ce que la mode n’est pas conformiste ? Elle l’est, et puis il y a des gens comme Maxime Simoens, il y en a d’autres, il y en a pleins, et Quentin Veron que j’aime beaucoup et qui fait de la fourrure.   

 DP : Parlons de Numéro, l’idée de départ, c’était quoi en fait pour toi ?   

 BJ : J’ai rencontré un monsieur qui s’appelait Jean-Yves Le Fur et qui m’a proposé de faire un journal. J’ai dit ok, si j’ai une liberté totale, et donc on a créé ce journal qui était tout d’un coup autre chose que : « comment avoir trois rides en moins » parce que les femmes le savent déjà, « comment séduire un mec », elles le savent aussi, donc s’intéresser à autre chose. L’inverse d’un journal psycho-cul en gros (Rires) pour une femme intelligente, qui voyage, qui est cosmopolite, qui s’intéresse à des tas de choses et pas seulement à la mode parce que tout est lié. Aujourd’hui c’est courant mais à l’époque c’était très nouveau.   

 DP :Et aujourd’hui, est ce que tu penses avoir atteint ton objectif ?   

 BJ : On a jamais atteint son objectif complètement donc on est toujours en quête d’autre chose…   

 DP : Dans le dernier le 114, il y a même une vingtaine de créateurs auxquels tu demandes ce que c’est que l’avenir.   

 BJ : Oui bien sur, quelle est leur possibilité, quel est leur futur ?    

DP : C’est étrange d’ailleurs les réponses qu’ils ont faites: certains sont no futur, certains sont très terre à terre…   

BJ : ils ont l’impression que s’ils ne sont pas poussés par un groupe de presse, ou LVMH, François Henri Pinault, ou d’autres groupes de luxe, il n’y a pas d’avenir pour eux. Or je ne le crois pas. Je pense qu’il faut être un tout petit peu plus idéaliste que ça, il faut croire en ses rêves, croire en ses passions. Jamais je n’aurai pu créer Numéro si je n’avais pas cru en ce que je faisais. C’était un coup de poker Numéro, personne n’y croyait au début, et c’est un coup de poker qui a duré. Et puis j’ai eu la chance de rencontrer Alain Ayache, qui m’a poussé, soutenu, portée, il y a cru dans ce titre, et c’était un éditeur formidable, formidable.   

 DP :En plus de ça, tu te permets de faire des photos qui sont pas du tout des photos de mode, la série qu’il y a sur les costumes incroyables de Rio, ça c’est pur plaisir, non ?   

 BJ :C’est un pur plaisir, ça en fait c’est un jeune photographe dont on a adoré le travail, et je n’ai pas hésité à publier 10 pages de son travail parce que je trouvais ses photos extraordinaires. Et puis il y a de l’art et du design,   

 DP : et puis tu as de jolies plumes comme Yves Mirande…   

BJ : Oui qui est merveilleux sur le design, et puis Eric Troncy qui est extraordinaire sur l’art, avec Nicolas Tremblay, c’est une équipe qui est la même depuis 12 ans, je n’ai pas changé une personne. Ce sont les mêmes rédacteurs de mode, que ce soit Samuel François, Philippe Utz, Franck Benhamou, tous ces gens là sont là depuis le début et je n’aurai pas pu le faire sans eux.   

On est rien tout seul.   

DP : Quelle est ta recette pour déclencher de l’émotion à l’intérieur d’un magazine, à l’intérieur d’un papier glacé ?   

BJ : C’est le rire ! C’est le rire, c’est la générosité, c’est plein de choses comme ça. Et puis des vraies valeurs…   

 DP : Parce que l’humour en fait, il y en a beaucoup. Je regardais la série avec les nonnes…   

BJ : Mais tu vas voir dans le prochain numéro Hommes, il y a un sujet fait par Matthias Meilhas, un garçon qui ressemble à Grace Jones, c’est extraordinaire, et une série de Jean-Baptiste Mondino, formidable. Si tu veux, les gens ont cette liberté d’expression dans ce journal qui fait qu’à la fin, tu as envie de regarder et de garder les images. C’est juste ce qui fait la différence, tu n’es pas dans un catalogue de vente, tu es dans autre chose, avec un surplus d’âme.   

En fait ce qu’on cherche aujourd’hui, c’est ça.   

 DP : Et c’est pour ça que tu disais que les gens collectionnent les Numéros,   

BJ : Et ça me touche énormément, mais pourquoi, c’est parce que c’est de l’artisanat à la fin, je peux m’assoir par terre pour faire une maquette ou relire 20 fois un titre de série ou d’articles et ça ne me pose aucun problème. Donc finalement c’est du cousu main.   

 DP : Et est ce que tu te sens investi d’une mission ? …   

BJ:  Tous les jours (Rires)   

 DP : c’est une responsabilité d’avoir un magazine comme celui là qui est un magazine qui a une âme. On est responsable de quoi à ce moment là ?   

BJ On est responsable comme tu disais de pousser des jeunes photographes de talent, mais aussi de montrer des choses qu’on aime tout simplement, puisque c’est lu, c’est vu, tu es responsable de ce que tu montres, de ce que les gens lisent, bien sur tu ne peux pas mettre n’importe quoi, je déteste les pseudo-journalistes qui critiquent pour critiquer, je déteste ça parce qu’il faut faire avant de critiquer.   

 DP Justement c’est facile dans ce pays de critiquer…   

BJ Bien sur, bien sur, mais ce n’est pas seulement dans ce pays, c’est un peu partout, quand tu vois Anna Wintour qui s’assied au premier rang et qui…   

DP Qui regarde ses chaussures pendant tout le défilé..   

BJ  Voilà, on va dire ça comme ça…   

 DP : En tout cas, bravo, je te le dis sincèrement je pense que tu es un exemple pour beaucoup de monde et puis aussi par rapport aux jeunes créateurs pour qui tu as du respect.   

BJ : je fais tout simplement mon métier, et ce n’est pas parce que je ne vais pas physiquement à certains défilés pour cause de manque de temps, tu peux pas aller voir tous les défilés mais par contre tu peux ensuite aller les revoir, t’intéresser, regarder, et ensuite avoir un œil très serein, même quand tu n’as pas été au défilé lui-même.   

 DP :Mais pour ça, il faut se tenir informer en permanence…   

BJ : Exactement et puis faire partie d’un jury comme j’ai fait partie pour promouvoir certains jeunes à Marseille, c’était les jeunes méditerranéens, c’était rigolo, et c’était très bien, et il faut faire des choses comme ça, c’est notre rôle tout simplement.   

 DP : Je crois que c’était le Vogue Italie qui a sorti un numéro spécial, sur les jeunes qui sortait des écoles de mode, ça j’ai jamais vu ça en France…   

BJ : Mais alors ça ce n’est pas très malin, il vaut mieux promouvoir les gens qui font des choses, comme Maxime Simoens ou d’autres jeunes dont on parle dans Numéro, que de promouvoir un garçon qui sort de l’école mais qui n’a jamais rien fait. Je pense que si je sortais un Numéro demain sur la jeune génération, je prendrai les gens qui font déjà des choses et pas les gens qui sortent des écoles…   

 DP : Et puis il y a aussi quelque chose, c’est que comme tu es dans le monde de la mode, tu as été styliste et créatrice, tu as une approche un peu particulière, donc tu as un rapport très particulier avec les créateurs, ils te font confiance. J’en connait aucun qui ne te fasse pas confiance..   

BJ : c’est vrai, c’est vrai, c’est vrai, j’ai beaucoup de chance. Oui, il y a une vraie complicité, un vrai respect mutuel, ce sont aussi des rencontres, des rencontres magiques, que ce soit avec Jean Paul Gaultier, avec Albert Elbaz, avec Karl. Karl quand il a fait ce livre sur mon travail .   

 DP Parce que ce n’est pas du snobisme, parce qu’il y a ce côté mondain dans la mode qui existe et qui est ce qu’il est, mais je sais que si les gens viennent vers toi c’est vraiment par amitié. D’ailleurs, c’est pour ca qu’ils sont aussi nombreux à t’aider pour les enfants du Rwanda…(Babeth organise chaque année un grand dîner pour cette cause)   

BJ : Pour les enfants du Rwanda, oui, ça me touche beaucoup, ça me touche tellement si tu savais…   

DP : tout le monde est là, mais là c’est vraiment par amitié, ce n’est pas la foire aux vanités…   

BJ : Je suis tellement touchée à chaque fois, la première fois j’étais morte de trouille, j’avais peut et puis ça a été un soutien formidable pour cette association, il y a moins de 1% de frais de fonctionnement c’est magique, et on a pu tellement créer grâce a eux, grâce à ce soutien.   

 DP : Et encore une fois, tu t’y es pris d’une façon, très directe.   

BJ : Tu sais comme je n’aime pas parler donc j’ai pris mademoiselle Agnès et Ariel Wizman pour faire les soirées comme tu as vu, et la seule chose que je peux dire c’est merci à tout le monde de ce soutien merveilleux.   

 DP : Dernière question, ce que tu n’aimes pas ?…   

BJ : La vulgarité, le conformisme, le « politicly correct », et ce que j’adore, un esprit libre…   

 DP: Ce que tu as toujours été et ce que tu resteras toujours.    

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mode | 25.06.2010 - 15 h 43 | 2 COMMENTAIRES
LES BELGES SE SUIVENT…

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et ne se ressemblent vraiment mais vraiment pas

et c ‘est pour cela qu’on les aime

défilé Kris Van Assche

httpv://www.youtube.com/watch?v=iKi2ODlJeCs

défilé Walter van berendonk

httpv://www.youtube.com/watch?v=GC0ASmknubU

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mode | 25.06.2010 - 01 h 35 | 2 COMMENTAIRES
Écoles de mode : à la recherche de l’unité

l article original:

http://www.educpros.fr/detail-article/h/e333a25945/a/ecoles-de-mode-a-la-recherche-de-l-unite.html

Écoles de mode : à la recherche de l’unité
Les écoles de mode françaises veulent harmoniser leurs diplômes pour mieux les faire connaître, en particulier à l’étranger.

Elles incarnent le chic français, pourtant elles sont inconnues à l’étranger. Une dizaine d’écoles de mode (école de la Chambre syndicale de couture parisienne, Berçot, Marangoni, Parsons, Duperré, Esmod…) se sont réunies à la mi-juin, à l’occasion d’un petit déjeuner informel à Bercy, pour parler rapprochement et harmonisation des diplômes. Donald Potard, directeur de la société Agent de Luxe, et Elisabeth Quin, chargée de mission pour les industries de la haute couture et du prêt-à-porter, étaient à l’origine de l’initiative.

Vers une fédération d’écoles de mode ?

Pour Donald Potard, ancien président de Jean-Paul Gaultier, les écoles de mode ont un vrai savoir-faire, mais il leur manque le faire-savoir. « Les diplômes français n’étant pas délivrés par des universités, un diplômé français aura du mal à faire reconnaître son titre dans une université britannique par exemple. C’est pourquoi il faudrait que les diplômes décernés par les écoles de mode françaises bénéficient d’une reconnaissance du ministère de l’Éducation nationale », souligne-t-il. Autre aspect : fédérer ces écoles. « L’idée dominante est actuellement de créer une grande école de mode, mais elle mettrait une vingtaine d’années à se faire connaître, alors que nous avons déjà d’excellentes écoles, qu’il faudrait fédérer », explique-t-il. Et d’ajouter : « Et le fait qu’elles soient concurrentes n’est pas un problème. » Ce groupement ne comporterait, selon lui, que des avantages ; les écoles pourraient profiter d’infrastructures communes : créer une « matériauthèque », où seraient stockés tissus, matériaux nouveaux à la disposition de tous les étudiants, organiser leur défilé de fin d’année au même endroit, le même jour, afin d’attirer toute la presse, à l’instar de la Graduate Fashion Week de Londres.

Le modèle italien

Les écoles présentes auraient été séduites par l’idée. C’est ainsi le cas de Federica Capranico, nouvelle directrice de l’Institut Marangoni, qui a pu à cette occasion parler de son expertise. « En Italie, nous avons ce qui s’appelle la Piattaforma sistema formativo moda, qui réunit quinze écoles de mode [Domus, Marangoni, Milano Fashion Institute, l’Académie des beaux-arts de Brera à Milan…], ainsi que des partenaires institutionnels [Chambre nationale de la mode italienne…]. » Une reconnaissance des diplômes délivrés par les écoles de mode ferait également la différence. Pour Donald Potard, la balle est désormais dans le camp du ministère de l’Industrie et celui de l’Enseignement supérieur.

Sophie de Tarlé

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mode | 20.06.2010 - 19 h 57 | 1 COMMENTAIRES
INTERVIEW DE DONALD POTARD POUR LES ECHOS SERIE LIMITEE TV

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LE RÔLE DES CREATEURS DE MODE SE LIMITE T IL AU TEXTILE ?

www.serie-limitee.tv

NOTEZ VOS REACTIONS

mode | 11.06.2010 - 20 h 26 | 1 COMMENTAIRES
LES FEMMES QUI SONT LA MODE: Maria Luisa partie 2

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Merci de vos nombreuses réactions sur la première partie de l’article, voici la seconde dans laquelle Maria Luisa nous explique pourquoi les multimarques ne peuvent plus fonctionner et quels seront les modèles de l’avenir.

DP Aujourd’hui, que la plupart des marques ont des boutiques en propre, et ont vissé absolument tout, elles ont des dizaines voire des centaines de boutiques dans le monde, où est la place des multimarques aujourd’hui ? On dit que les multimarques se réveillent et sont très performantes.

ML : Ecoute là tu m’apprends quelque chose, moi je pense que les multimarques sont en pleine recherche d’un nouveau souffle et je ne sais pas quelle sera celle du futur, je ne peux pas te la décrire mais je pense que la multimarque comme nous l’avons connue il n’y en aura plus beaucoup.
Ce que je constate c’est que depuis 25 ou 20 ans que je fais ce métier, les derniers nouveaux que j’ai vu arriver c’est Colette et c’était il y a 10 ans. On est chaque jour un peu moins nombreux parce que je pense que l’ADN de la multimarque comme les nôtres, référents dans lesquels il y a des designers de talents que l’on a soutenu, ça a eu une justification : notamment dans les années 90, quand soudainement on s’est posé la question: est ce que l’on pouvait mettre une marque couture dans un magasin plus classique où, à la limite, il y avait Jean Paul Gaultier. Est-ce que là-dedans pouvait arriver un Givenchy, un Ungaro, c’était la question du moment, avec Valli, et je me suis aperçue que nous étions la crème à la vitamine A de ces marques là.

On avait l’impression que c’était jeune parce que c’était dans le même endroit que Margiela, les belges, etc, il fallait absolument rajeunir les noms.
Entre ce moment la, il y a 10-15 ans et aujourd’hui les grandes marques ont tout bouclé, elles n’ont absolument plus besoin de nous, elles ont bouclé leur image, leur communication, elles sont des annonceurs massifs capables d’ouvrir des réseaux de boutiques où elles veulent dans le monde et de surcroit elles sont venues dans notre cheptel de stylistes, des designers pour se servir, comme dans les équipes de foot. Effectivement dans les années 80, on me posait la question, mais les créateurs c’est trop cher, et je répondais mais ce sont les couturiers de l’an 2000 !

Je le disais un peu pour me convaincre mais 10 ans après j’avais complètement raison, il y avait Galliano chez Dior, McQueen chez Givenchy, Martin chez Hermès, etc, et tous les gens que nous avions vendu chez nous, qui était des gens à hauts risques, à hautes créativité et à hautes différences, se retrouvent tous avalés dans ces maisons là, donc ils n’avaient plus besoin de la vitamine A, ils avaient les meilleurs DA. Mais c’est vrai que peu à peu ils ont rendu la vie d’un indépendant beaucoup plus difficile. Il ne faut pas oublier que la relation au départ est liée avec le designer lui-même. Quand le designer arrive dans ce genre de grandes maisons, il y a 10 personnes entre toi et lui, tu le vois de temps en temps mais enfin il n’est plus du tout au courant de ce qui peut se passer et il a raison, il n’a pas le temps. Parce que ce que l’on ne dit jamais c’est tout ce que ces grands multimarques que nous sommes subissent comme pression de la part des marques et de l’arrogance insensée de celles ci dont aucune n’a la moindre mémoire, ni la moindre gratitude.

Si tu n’achètes pas suffisamment, éventuellement on va filer le budget à la boutique d’à côté, c’est pour ca que tu n’as plus de vocations, que tu ne trouves plus de gens, le risque est trop fort par rapport aux profits possibles. En plus tu ne domines aucun de tes paramètres, les marques distribuent et elles ont leurs boutiques donc elles peuvent pratiquer les prix qu’elles veulent. Le pauvre distributeur indépendant il n’a aucun de ces paramètres là et il a des contrats avec tous mais aucun avec la porte qui s’ouvre et la cliente qui va rentrer ou pas et il n’a même pas les moyens de lui dire j’existe. J’existe car entre temps les autres sont en train de lui dire.
Aujourd’hui tu remarqueras que dans un magazine où tu as une parution tu n’as aucune adresse, tu n’as plus qu’un numéro de téléphone, c’est celui de la maison mère ; quelle adresse crois tu qu’elle va donner au client qui appelle ?

DP Tu penses que c’est la fin pour les multimarques à cause de l’attitude des grandes maisons ?

ML : Tenir un multimarque, on n’imagine pas ce que c’est ! Savoir que tu seras jugé a tout moment et que tu ne sais même pas à quel moment ! Que quelqu’un va rentrer et que tu peux être dans un moins bon jour et qu’un cintre est en désordre, et tu vas sortir de là en disant ça ne vaut pas tellement le coup.
Combien de fois j’ai entendu des journalistes me demander si, sur les collections qui étaient présentées à la boutique, je rendais ce que je n’avais pas vendu en fin de la saison ; il n’y en a pas une qui comprenait que tout ça était à jeter, car payé ferme.
Donc lorsque tu as un problème comme la crise qui a frappé tout le monde et que tout le monde souffre, en indépendant tu souffres tout autant que les autres mais tu as moins de moyens de réponses que si tu as 100 ou 200 boutiques dans le monde et que tu peux faire des économies d’échelle. Tu ne peux pas puisque tu es seul et tu ne peux pas non plus, ni changer de créneau, ni acheter beaucoup moins. Ou alors tu peux faire ce que font les italiens à l’heure actuelle, où 80% nourrissent un réseau parallèle, parce que ça c’est la réalité du multimarque italien quand même. Alors que les italiens c’est 25 à 30 % des multimarques en Europe, à 80% ils nourrissent les réseaux parallèles.

DP : C’est la seule façon de s’en sortir pour eux ?

ML : Moi je crois que oui, ou alors tu retravailles à l’ancienne avec des maisons dont tu connais le designer ou tu n’as pas de pressions et ou tu peux acheter ce que ton marché peut consommer, ou tu peux défendre avec enthousiasme les gens que tu aimes. Mais là acheter de sommes X ou Z parce que soi-disant en Ouzbékistan on les achète et bien tant mieux.

DP : De la pédagogie c’est ce que tu essaies de faire au Printemps …

ML : ah oui ça, mais je crois beaucoup par contre à la possibilité de ces multimarques dans des endroits de grands passages dans lesquels tu peux enseigner la pédagogie à tout ces étrangers qui passent, etc.
Une boutique indépendante qui est une destination comme on l’a connu dans les années 90, que je crois en danger et qui souffre plus aujourd’hui. Le Printemps est une plateforme formidable ou tu peux faire toutes les expériences que tu veux, tu peux donner une visibilité à tes créateurs sans commune mesure avec celle qu’ils sont dans la rue.

Moi je suis ravie de l’expérience des grands magasins mais je constate tout simplement qu’il y a 20 ans les grands magasins ne vendaient pas de créateurs très pointus comme aujourd’hui.
Aujourd’hui, ils les vendent tous, même le dernier paru a quelque chose dans un grand magasin.

DP : Alexandre Vauthier au Bon marché…

ML : Mais tous, tous les autres chez nous au Printemps, tous, américains, français, ils y sont tous, des Haider Ackermann, des Bernard Wilhelm, des Charles Anastase, Roland Mouret, Alexander Wang, tous…

DP : L’autre solution, est ce que ce n’est pas celle de devenir aussi une galerie d’art …

ML : Bien je ne crois pas, c’est déjà ce que fait Merci, ce que fait Colette, l’Eclaireur le fait d’une autre manière avec peut-être un petit peu plus disons de sérieux, ou il essaye de taper plus haut, mais c’est pareil.
Peut être dans les pays émergents, il y a sans doute une place et même un besoin parce que ça peut avoir ce côté pédagogique que ça a eu un peu chez nous, dans le temps il y a 20 ans quand il fallait expliquer.

DP : Pareil avec n’importe quelle boutique lambda, pareil pour internet qui est l’autre grande révolution évidente, absolument évidente. Pas de pas de porte à payer.
ML
pas de personnel …
Donc l’explosion des grands magasins, l’explosion de l’internet et le regroupement des marques au sein de gros groupes financiers, ou qui ont des moyens de pression, je ne sais pas s’il se trouve beaucoup de place pour un indépendant dans ce créneau la. Par contre, il n’est pas dit que dans des collections moins chères, moins prétentieuses, qui soient plus petites avec plus de proximité et plus de contacts, peut être que par là on va voir revenir plein de petites boutiques mais pour moi elles sont plus petites.
Elles n’auront pas cette espèce d’ambition de vraiment donner un panorama comme une galerie qui donnerait un vrai panorama de l’art actuel ou un vrai panorama de la mode. Ce qui était quand même le propos chez nous, si tu voulais savoir ce qui se passait dans la mode cette saison tu pouvais venir chez nous et tu le savais. Aujourd’hui tu vas chez Zara pour savoir qu’est ce qui se passe dans la mode cette saison.

DP : Oui ça t’évite de faire une dizaine de boutiques.
ML :
Oui et encore tu n’es même pas sur de pouvoir lire les best-sellers si tu es une cliente classique. Toi et moi oui, mais une cliente elle peut faire 10 boutiques elle ne sait pas, mais elle peut aller chez Zara et elle va voir que la synthèse elle est faite tu vois.

DP Tu parlais de Merci, c’est juste un peu cher pour ce qui est offert…
ML :
Peut-être par rapport à ce que c’est mais, excuse moi je pense que le trentenaire bobo d’aujourd’hui est tout a fait content de ça. Est-ce que le Costes est cher ? Oui. Est-ce que le hamburger de chez Ralph Lauren est cher ? Scandaleusement cher (*) ! Ce n’est pas grave, c’est plein. Mais ça va avec l’époque, avec les traders, avec ces gens là et ce nouvel argent.
Bon Colette est aussi autre chose qu’un magasin de mode, mais ce sont des lieux où il se passe quelque chose en permanence : tu passes plus de temps et d’énergie à créer de l’événement et à expliquer le talent d’un designer qu’à être véritable vendeur de vêtements.

DP : Et comment est ce que tu vois l’avenir alors de ce métier de multimarques ?
ML :
Je pense que le nouveau multimarque, parce qu’on parle du multimarque, sera plus un lieu de vie qu’autre chose. Ca tient du restau, de la librairie, voire Merci que je trouve être une véritable réussite dans son genre parce qu’elle apporte quelque chose que l’on n’avait pas, et un nouveau souffle, on a l’envie d’y être, l’envie d’y passer. Mais sinon je crois que l’on va voir ressurgir beaucoup de petites structures, beaucoup plus petites, qui vont avoir comme la multimarque des années 70, un vrai contact avec leurs clients, une vraie boutiquière amoureuse de ses produits et que ces produits là ne seront pas des grandes marques mais des petites collections nouvelles, moins prestigieuses, moins arrogantes, moins performantes, des boutiques qui vont ressembler à ce qui se passe rue vieille du temple avec des petites collections, que des acheteurs sont allés dénicher, et pas ce multimarque référent, celui qu’on a connu dans les années 80, 90, qui a été nécessaire, qui a eu son temps, qui a construit des images pour nous tous. Plus personnel, toujours plus personnel, avec de la recherche mais beaucoup plus de services, revenir à du conseil, une présence, à l’ancienne.
Ou alors des grands lieux, ça dépend des moyens des financiers de demain, qui pourront se permettre de mettre le spa, la salle de cinéma, n’importe quoi. Tu peux tout imaginer. Le restau c’est banal hein, tout le monde l’a. Mais tu vois à part se nourrir et acheter des bouquins, on peut peut-être aussi aller au cinéma, on peut peut-être aussi aller chez le coiffeur, ou pour avoir une crème, enfin des lieux de vies. Des nouveaux espaces de loisirs, comme un shopping qui est un loisir.
Moi je pense que tu auras des clients qui continueront à acheter les chaussures dans un magasin de chaussures. Et bien tu risques d’avoir des gens qui ont envie d’acheter une marque en parlant à la responsable qui connait bien le truc.
Il ne faudra pas et on ne pourra pas avoir la même ambition que l’on a eu je pense.

DP C’est donc la fin d’une époque

ML : Autre temps, autres mœurs : à nous aussi de nous adapter. Et à l’export, je pense que les pays émergents ont encore une place pour des boutiques comme ça, référence, qui ont un vrai statement, une vraie liberté de ton.
A Hong-Kong, ma boutique marche du feu de Dieu, à Paris la concurrence est impossible pour un marché anorexique. Il faut dire aussi qu’à Hong-Kong et en Asie on est sur des marchés encore en pleine croissance exponentielle alors que là on est sur un marché qui se réduit à peau de chagrin., et on est pourtant le lieu qui à le maximum de monomarques, parce qu’on est un lieu d’image.
Donc voila, donc moi honnêtement tous mes efforts à l’avenir ils iront dans le sens, justement de ma collaboration avec le Printemps, sur internet, et à l’export.

DP : Ce sera le mot de la fin, merci beaucoup.

*(28€, j’ai vérifié…)

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mode | 07.06.2010 - 15 h 53 | 1 COMMENTAIRES
LES FEMMES QUI SONT LA MODE: Maria Luisa partie 1

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Cette longue interview de Maria Luisa sera diffusée en deux parties. Dans la première, elle nous parle de style et de ce qui a fait le succès de sa formule. Dans la seconde, elle nous parlera des l’avenir des multimarques.

 

DP Comme tu le sais, on commence cette série sur les femmes, non pas qui font mais qui SONT la mode. Parce que pour moi, il n’y a pas tant de femmes que ça qui ont fait la mode depuis les 20 dernières années. Tu as surtout été connue pour l’aide à la jeune création, et chez toi on a toujours trouvé des modèles que l’on ne trouvait nulle part ailleurs.

Maria Luisa : Oui, encore on appelle ça jeune, mais je suis intéressée par la création tout court, jeune ou pas, tu sais c’est comme le fameux truc, on ne sait plus quel âge ils ont, ils vont arriver à la retraite « jeunes créateurs ». Non, moi j’ai surtout été intéressée par la création tout court. C’est vrai qu’à l’époque c’était jeune par rapport aux marques établies qui existaient c’est vrai, mais ca n’a jamais été que la recherche d’une certaine émotion esthétique qui nous poussait.

Disons que c’était le premier moteur, parce qu’après il fallait cadrer ça avec une réalité car sans réalité ça n’a plus de sens. Et on n’aurait aidé personne non plus, s’il n’y avait pas eu un peu de consistance. Mais c’est vrai que la première préoccupation ça a été une espèce d’authenticité, une recherche esthétique, quelque chose qui bougeait un peu les frontières traditionnelles, du classique, et qui à l’époque n’était pas si commun que ça.
Aujourd’hui, c’est devenu une tarte à la crème parce que tout le monde est mode, moderne, contemporain, etc…

DP Dans les années 80, ça a été l’explosion, tout le monde a cherché à avoir tout ce qui était création, créateur mais tout le monde n’a pas réussi parce que ce qui s’est passé, c’est que de toutes les boutiques qui ont ouvertes et qui fleurissaient, et bien il n’y en a plus beaucoup qui sont restées…

ML je crois qu’il n’y en a pas tant que ça non plus. Si, j’imagine qu’il y a eu des grands, même avant nous, les japonais dans les années 70, il y a eu une première génération de boutiquiers à risques, à haute dose de risques, qui se sont lancés, et qui étaient véritablement très japonisants et qui peut être sont arrivés jusqu’à la révolution belge.
Ensuite, tout est devenu beaucoup plus compliqué : d’abord, même lorsque nous avons commencé, milieu-fin des années 80 avec des belges et des anglais et Margiela, qui pour moi est un véritable coup de foudre, c’est sûr qu’on n’était pas nombreux, mais je pense tout simplement que c’était parce que ça n’était pas compréhensible.

Le discours d’un Margiela était beaucoup trop marginal à l’époque pour les boutiques qui cherchaient un minimum de rentabilité avant tout. Il fallait être un peu fou et un peu inconscient à l’époque franchement, pour imaginer que l’on pouvait obtenir des résultats commerciaux à peu près normaux. Non c’était à haute dose de risques.

DP : Mais toi tu l’as eu cette inconscience ! Qu’est ce qui t’as poussé à parier, parce que c’était en quelque sorte un pari sur le talent ?

ML : Tu sais quoi ? C’était un pari totalement inconscient ! D’abord, je pense qu’on ne fait bien que ce que l’on aime, que je n’avais aucune aptitude de commerçante, sinon je me serai installée avec n’importe quel produit déjà fait et je n’avais qu’à écouler la marchandise. Moi ce qui m’amusait c’était le talent qui bougeait, que j’avais la chance de rencontrer. J’étais persuadée que j’arriverai à convaincre, que si moi j’avais été séduite, je ne serai pas un cas à part, et que forte de ce constat, forte de cette foi, je n’arrêtai pas de le dire à la presse.

Moi je me disais simplement que j’étais une étrangère, à Paris et que je n’oublierai jamais la couverture d’un Marie Claire, avec un blouson en daim manches courtes de Jean Paul Gaultier; si tu demandais où est ce que tu trouvais ça, et si tu ne savais pas que Gaultier c’était galerie Vivienne, personne ne pouvait le trouver.

Et tu vois, pour une étrangère, ça m’avait semblé tout à fait logique d’offrir ce que je voyais dans les magazines et qui moi m’intéressait, m’interpellait, qui moi me faisait envie en plein centre de Paris. Je ne pensais pas que c’était si difficile que ça, ni si avant-gardiste, bon et on a compris notre douleur très vite, parce que ce n’est pas par ce que nous nous avions compris que tout Neuilly, Auteuil, Passy avait compris que Margiela c’était très chic.

DP : Et en plus de ça toi tu avais la capacité, parce que tu avais l’œil, de choisir les pièces, tu n’as jamais acheté toute une collection ?

ML : Non je n’ai jamais acheté toute une collection et je n’ai jamais acheté de podium, j’ai acheté des pièces qui défilaient, mais jamais je n’ai été attirée par la pièce spectacle qui n’a jamais eu d’autre fonction que celle d’attirer les photographes de magazines. Mais je ne pense pas que le créateur lui-même, s’il avait habillé sa meilleur copine, lui donnerait cette pièce expérimentale ou folle comme il y en dans tous les défilés.

Par contre avec un bon œil tu peux prendre la substantifique moelle d’un discours d’un défilé tout en gardant des pièces qui sont parfaitement portables, et c’est vrai que le succès de chez nous ça a sans doute été ça, c’est-à-dire que le discours pouvait faire peur avant de passer la porte et qu’une fois passée la porte de la boutique on s’apercevait que l’on pouvait très bien porter ces pièces. Que l’on n’était pas déguisé et que l’on avait juste une toute petite différence qui faisait sans doute que l’on allait vous regarder là où vous rentriez mais plutôt parce que l’on vous admirait, parce que vous aviez un certain chic, quelque chose qui faisait que vous vous démarquiez de la rue, de la banalité.

Et ça c’était au début parce qu’alors après et aujourd’hui les tendances sont devenues des quasi-diktats, toutes les semaines il faut ressembler à une nouvelle vedette du show-biz, là c’est sur que la différence est encore plus frappante.

DP : Tu trouves qu’à nouveau on a un retour du diktat de la mode mais plus par les couturiers…

ML : Non plus par les couturiers, mais par la rue, par le show-biz, par la presse, par les DA, par tout ce que tu veux, et les marques qui ont sans doute, également, donné le sac ou la veste à la vedette. Mais enfin bon, quand je vois qu’aujourd’hui toute les semaines tu as un nouveau look qu’on assume, soit le short en jean, soit ces horribles boots fourrées en plein été, tout est n’importe quoi ! Tu as aujourd’hui apparemment la mode et les tendances qui sont faites par des gens qui vont sur des tapis rouges ou qui ont des clips et pas par des gens qui ont passés 5 ans dans une école pour savoir comment on coupe un tissu ou pourquoi un tissu est meilleur qu’un autre ! Ça c’est devenu un discours qui n’est plus que pour un petit groupe d’amateurs.

DP Mais on a bien vu ce que ça donnait par exemple des maisons qui ont échoué dans leur tentative de mettre à la Direction artistique, ou à la pseudo-DA, une actrice ou pseudo-actrice d’ailleurs.

ML : Ah oui voila typiquement le genre de maison qui n’arrive pas à se trouver… Et d’ailleurs là je me pose une question encore plus sévère que la tienne, on est en train de parler de création : à quel moment est ce que l’on aurait mis Emmanuel Ungaro comme une maison créative ? Donc, la pire des idées est d’imaginer comment on a pu prendre la petite Lindsay Lohan, à la limite il suffisait de prendre quelqu’un qui savait bien faire son métier, ce que j’espère que Giles (Deacon) fera bien.

On va parler de celles qui véritablement ont commencé à être créatives : Balenciaga a surement été créatif avec des architectures où la femme qui osait était surement quelqu’un qui aimait l’art, c’était un peu intello.

DP Mais là justement, C’est un peu ta clientèle.

ML :Oui, c’est pour ca que je ne mettrai pas Ungaro dans ces gens la donc Ungaro n’a fait que suivre cette espèce de course folle de ces dernières années ou on a voulu mettre des créatifs dans des endroits ou il n’avaient pas à être. Par contre dans l’ADN d’une maison comme Balenciaga là oui il fallait chercher des créatifs, parce que l’ADN de la boîte est créatif.

DP : Comme McQueen que tu as beaucoup acheté…

ML : Comme McQueen, comme Martin, comme Jean Paul Gaultier, ils ont changé une silhouette, ils ont changé une attitude, ils ont changé notre approche notre manière de nous habiller. Sans Jean-Paul, on ne concevrait pas certains mélanges, toutes sortes de choses. Saint Laurent, a eu son pantalon qui est révolutionnaire.

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mode | 28.05.2010 - 18 h 29 | 5 COMMENTAIRES
Venus Williams introduit la dentelle à Roland Garros

(AP Photo/Lionel Cironneau)

 

 

 le look cancan de Venus a fait sentation . 
Le modèle qu’elle porte est sa création.
La federation de la dentelle applaudit.
 
A quand le grand écart sur le court?

 plus d’info: http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5hS2dLF9P6xCFYV34ZtM5eRsi2TngD9FVVM802

 

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mode | 28.05.2010 - 17 h 00 | 1 COMMENTAIRES
KARL LAGERFELD SHOOTE LES 3 SUISSES

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Ok, ça fait un peu auto promo mais nous n’allons pas bouder notre plaisir.

Je suis très fier de vous dévoiler en avant première le magnifique travail de photographe de Karl Lagerfeld pour le catalogue 3 Suisses A H 2010/2011.

© Photos Karl Lagerfeld

Agent de luxe accompagne les 3 Suisses depuis huit saisons.

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