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QUAND LES POLITIQUES PRENNENT LA MODE COMME OUTIL DE COMMUNICATION

18 mars 2010
Rachida Dati

Rachida Dati

On savait Rachida Dati folle de mode. Ministre, elle déroutait ses collègues en leur parlant Dior en plein conseil. Privée de son maroquin, elle s’ennuie ferme à Strasbourg; élue du 7° ardt de Paris, elle a enfin trouvé une façon de s’exprimer et de communiquer qui lui convient.

Pour la journée de la femme, on l’attendait militante, la petite beurette qui devient femme d’état etc..  Et c’est ce qu’elle a été : militante du rouge à lèvre et des crèmes de beauté ! Elle a en effet transformé le bulletin municipal en magazine féminin. La caricature va jusqu’au dessin de Kiraz et même à l’horoscope.

On vous souhaite d’être taureau car « votre mari vous prépare une surprise… dîner aux chandelles au Jules Verne ? La vie est belle. »

On lit un récit édifiant sur une hypothétique course olympique des célébrités du 7° ardt avec comme handicap un sac à dos plein de foie gras (je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, je dois être un peu blond).Enfin une inénarrable photo de famille où Rachida ne s’est entourée de femmes très moches ou très refaites, mais en tout cas très mal fringuées.  Faire valoir prend ici tout son sens.

Ah si, quand même, perdu entre deux robes en maille, un article sur les femmes battues. On croyait qu’elle allait devenir avocate, mais nous connaissons maintenant son ambition, devenir la prochaine rédactrice en chef de Vogue.

cliquez: Lire le bulletin minicipal:

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L’EXPOSITION YVES SAINT LAURENT COMME VOUS NE LA VERREZ JAMAIS

14 mars 2010

Antigone Schilling

 

Nous découvrons l’exposition Yves Saint Laurent avec pour guide, Antigone Schilling,  diva de la mode, rédactrice en chef du formidable magazine « Faux Q » ( Q pour culture).  Promenade libre avec la plus originale des commentatrices.   

LES ANNÉES DIOR
Je les connais un peu et elles sont rattachées encore à la présence du maître. Je me posais la question : si le destin avait été différent avec l’Algérie, Saint Laurent serait-il encore Saint Laurent ? Il aurait peut être continué à travailler pour Dior et serait peut être resté dans un style différent : il aurait moins innové et fait moins bouger la mode comme il l’a fait.   

LA SAHARIENNE
Alors çà, c’est une des grandes idées de Saint Laurent, de récupérer le vêtement des baroudeurs de la savane qu’il a féminisé et qui est devenu un des « must urbain » de l’époque; c’est une vraie trouvaille, d’avoir adapté un vêtement, avoir les poches moins volumineuses que sur une saharienne de brousse, il y a un jeu sur les genres…   

saharienne 1969

 

LE PANTALON
On a complètement oublié que le pantalon, à l’époque, n’était pas porté au quotidien. Une anecdote : on m’a dit que Saint laurent était venu à New York dans un restaurant avec une de ses amies qui était habillée en pantalon et le restaurant leur a refusé l’entrée. Ils ont mis un foulard sur le pantalon pour simuler la sur-jupe sur le pantalon. Et c’est vrai que moi-même, petite, je ne portais pas de pantalons. Ce n’est que dans les années 70, grâce au bluejean, que les femmes on commencé à porter des pantalons tous les jours et encore aujourd’hui la loi est restée. Il faut une autorisation préfectorale pour le porter.   

Tailleur pantalon 1967

 

C’est Chanel qui avait lancé le pantalon, mais C’est Saint Laurent qui a lancé le tailleur pantalon. Là il a féminisé le costume Aujourd’hui, ça fait très tailleur pour dame. C’est le problème de tous créateurs, il y a des choses qui vieillissent mieux que d’autres. Mais cela dépend de l’époque, ce qui fait ringard aujourd’hui sera peut être célébré comme avant-gardiste dans dix ans. C’est le poids de l’histoire, les vêtements vivent… Là, les Lavallières, c’est quelque chose que je n’aime pas, c’est très Saint laurent, mais ca a tellement été vu que ca fait un peu Hôtesse de l’air. Malgré tout, c’était d’une grande modernité, car quand on voit les femmes de cette époque, elles font quand même très dadame.   

   

LES FILLES NOIRES
Le fait d’utiliser les noires, c’est assez extraordinaire. Je pense que ce n’était pas évident et même aujourd’hui, on ne voit plus trop de noires dans les défilés elles sont toutes blondes avec les cheveux longs. Il paraît qu’en couverture les noires font faire de mauvaises ventes pour les magazines. Je me souviens d’une série de photos de Mondino avec Alec (célèbre mannequin noire), dont une très belle photo avec des chapeaux suspendus pourtant ça a été une très mauvaise vente. C’est affligeant pour notre époque ; Saint Laurent a donné à voir la femme noire différemment et ça a été très utile pour faire progresser les idéaux et l’esthétique.   

LA COUTURE
C’est le coté couture qui est important et j’aimerais que ça perdure. La haute couture, c’est une des signatures de Saint Laurent et j’espère et je souhaite qu’elle ne soit pas morte aujourd’hui, je veux bien qu’elle soit un peu moribonde par certains cotés aujourd’hui et je pense que de jeunes créateurs qui essaient de maintenir le flambeau avec leurs modestes moyens, leur énergies, leur talents et des heures et des heures qu’ils passent à créer des collections. et je pense qu’il faut continuer de les soutenir et être attentif à leur travail. Aujourd’hui on ne peut pas dire qu’après Saint Laurent la haute couture se soit arrêtée, je ne le crois pas ; elle évolue elle est différente, il y a peut-être 3 ou 4 maisons qui peuvent garder les codes.   

(Lire la suite…)

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suite de l’article le rififi dans la couture:

11 mars 2010

Interview de Donald Potard et de Jean-Jacques Picart à l’AFP

Les grandes maisons de couture font appel à certaines rédactrices de la presse féminine payées largement pour obtenir les faveurs de leurs titres, une pratique courante dénoncée par deux des principaux consultants en stylisme de Paris alors que s’achève la Fashion Week.

la suite. cliquez ici

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DU RIFIFI DANS LA COUTURE

8 mars 2010

Coup de pied dans la fourmilière de la mode: Carine Roitfeld, la glamoureuse éditrice en chef du Vogue France déclare au WWD, journal « officiel » de la mode que la Maison Balenciaga a blacklisté le Vogue France. Pas d’invitation au défilé, plus de prêt de vêtements, plus de publicité dans le magazine.

carine roitfeld dr

La presse française et étrangère vole au secours de l’Editrix : Balenciaga a « dépassé les bornes » dit l’Express.* « C’est probablement parce qu’elle n’a pas passé un total look » dit le New York magazine**.

Mais les rumeurs parisiennes sont moins tendres pour les deux stars de la mode que sont Carine Roitfeld et Emmanuelle Alt. La punition qu’elles subissent de la part de Nicolas Ghesquière, le talentueux et visionnaire directeur artistique de la célèbre maison, joyau de l’empire PPR n’aurait que peu de choses à voir avec la direction de l’illustre Magazine de Mode.

Il s’agirait en fait de punir Vogue pour les activités de conseil externe que certaines éditrices du magazine assurent en parallèle auprès de marques concurrentes, conseils que la maison Balenciaga trouverait trop grandement inspirés par son propre esprit créatif.

Décryptage : qu’elle soit exacte ou non, cette rumeur relance un débat qui, tel un serpent de mer renait chaque saison sur le rôle du journalisme et sur l’étrange éthique qui règne aujourd’hui dans une certaine presse.

Prenons une relation normale telle qu’elle devrait se passer entre une maison de mode et un magazine.

L’éditrice choisit des modèles en fonction du talent du créateur et du thème de son article. Le directeur de la publicité passe et contrôle que les maisons qui annoncent dans le magazine n’ont pas été oubliées dans les rubriques mode. Retour d’ascenseur, rien que de très normal. La maison est contente et envoie des fleurs à la rédactrice. Fin de l’acte.

Ca, c’est la presse du pays des Bisounours.

En réalité, c’est souvent le service publicitaire qui décide à quel nombre de parutions a droit telle maison en fonction de ses investissements dans le magazine. La rédactrice fait avec ce qu’elle peut. Les plus gros clients sont servis en premiers, les petits en second et il reste la portion congrue pour les jeunes créateurs sans budget, quand on ne les oublie pas totalement. Certains magazines se transforment ainsi en véritables catalogues, semblables à ceux des Galeries Lafayette au moment de Noël.

Mais il y a d’autres perversions plus graves encore. Par exemple, celle où la journaliste reçoit plus qu’un bouquet de fleurs. Les italiens sont coutumiers du fait et les retours d’ascenseurs peuvent aller du sublime voyage d’agrément à… une villa avec piscine en Toscane. Cadeau !

Nicolas ghesquiere dr

Ouvrons une parenthèse que je vous fasse rire.

Il y a quelques années, feu la rédactrice mode d’un grand quotidien recevait en cadeau, chaque hiver, plusieurs pelisses d’une grande maison trasalpine connue pour ses sublimes fourrures et sa généreuse reconnaissance pour le talent de certains échotiers.

Lors d’un voyage italien cette journaliste fut invitée par les propriétaires de la maison à un déjeuner traditionnel et familial. Elle fut reçue comme seuls les italiens savent recevoir, avec une grande simplicité et des produits d’exception. Lors de son retour à Paris, plutôt que de décrire le défilé, elle décida de parler dans son éditorial de la gentillesse des sœurs F… et décrivit en détail le grand cérémonial culinaire auquel elle avait assisté : Pasta fraiche, tomates rutilantes, Barolo d’exception, tiramisu de rêve etc… quinze jours plus tard arriva la malle habituelle contenant le cadeau fourré. Lorsqu’elle l’ouvrit : nib de vison ou de zibeline… la malle contenait son poids en spaghetti. Hé bé dis donc ! L’année suivante elle ne parla que du défilé.

A l’inverse, il y a des journalistes d’une telle probité qu’ils vont jusqu’à retourner les fleurs qu’on leur envoie, comme au WWD par exemple, mais c’est extrêmement rare.

Une autre très honnête Rédactrix française, me racontait hier que la directrice publicitaire d’une maison de mode (pas l’attaché de presse, notez bien) avait appelé la direction de son magazine pour se plaindre de ce qu’elle n’avait pas assisté à un défilé.

Pour en finir avec les relations distordues entre la presse et les maisons, il est temps de parler du sujet qui fâche: le consulting.

Quelques grandes rédactrices de mode en France et à l’étranger acceptent de faire du conseil pour certaines maisons. Ce qui se faisait jadis amicalement et gracieusement entre jeunes créateurs et copines rédactrices sympas s’est professionnalisé. Fini de jouer les petits bras : certaines rédactrices se font payer des sommes folles qui peuvent aller jusqu’à 10 000 Euros l’heure, ou un forfait de 50 000 Euros la journée. Chacun y trouve son compte car la maison a l’assurance que son produit plaira à la presse qui donne le ton.

Oui, mais voilà, il faut que la rédactrice soit prudente et pas trop gourmande… On se rappelle que la saison dernière, une de ces journalistes avait proposé le même décor, le même photographe et les mêmes mannequins à deux maisons différentes qui s’en sont rendu compte… « Un menteur doit avoir une bonne mémoire » disait déjà Quintilien.

Autre perversion du système : quand une rédactrice conseille une maison, puis une autre, puis une autre… elle imprime sa marque comme certains chirurgiens esthétiques font le même nez à toutes leurs clientes… Et les maisons s’énervent car elles pensent ne pas en avoir pour leur argent…

Certaines ne disent rien.

D’autres vont au clash.

CQFD.

Et voici cher lecteur, une nouvelle face cachée de la mode.

A tout bientôt.

Les article cités :

* http://www.lexpress.fr/styles/mode-beaute/mode/fashion-week/vogue-paris-blackliste-par-balenciaga_853687.html

** http://nymag.com/daily/fashion/2010/03/balenciaga_banned_carine_roitf.html

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REBELLION FRANCO-ITALIENNE CONTRE ANNA WINTOUR

4 mars 2010

ON ADORE LES ITALIENNES POUR CA

Pour protester contre les caprices de la doyenne de la mode qui a créé un véritable chaos en forçant 88 défilés à se concentrer sur 3 jours,  une centaine d’italiennes perruquées et lunnettées se sont massées à l’entrée du défilé Gucci en portant un T shirt “I only stay for 3 days!”

 Mario Boselli, president de la chambre italienne de la mode a déclaré au Daily Telegraph:

“Cela a des conséquenses désastreuses pour de nombreuses personnes impliquées dans les défilés des stylistes aux coiffeurs jusqu’aux mannequins. C’est complêtement fou. Elle est la bienvenue enItalie, mais si c’est pour une visite aussi courte, elle ferait peut etre mieux de rester chez elle.”

La France a mieux résisté à la pression d’Anna Wintour . Le mot d’ordre qui a circulé entre les maisons a été bien perçu: ” Anna Wintour ne s’intéresse pas à notre créativité ni à nos produits, elle ne s’intéresse qu’à notre argent.”

La voix de la sagesse!

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LA PRESENTATION QUE VOUS N’AVEZ PAS VUE ET C EST BIEN DOMMAGE POUR VOUS !

4 mars 2010

Depuis quelque temps les créateurs sont en train de repenser le système de monstration de leurs collections. Qu’ils défilent en 3D  et en mondovision comme Burberry, qu’ils fassent des concerts intimistes comme Mauricio Galante ou Eymeric François, qu’ils communiquent par la superproduction ou fassent une présentation pour 40 personnes, les créateurs cherchent, tâtonnent, s’expriment à leur manière ( et en accord avec leurs moyens). Car on l’a bien compris, dans la mode comme dans le luxe, la forme est indissociable du fond.   

Brooke Taylor et Nana Aganovich devant "Les Limitations de la logique et l'absence de la certitude absolue"

Le couple de créateurs qui présente leur collection sous la marque Aganovich fait dans le super intimiste. Chaque visiteur, qu’il soit journaliste ou acheteur a droit à une visite privée et une démonstration et remarquable.   

Ces deux oiseaux rares vivent à Londres. Nana Aganovich la directrice artistique nait à Belgrade, part au Danemark puis à Rome, entre à la St Martins de Londres , embarque pour Shanghai et revient en Angleterre avec des capitaux Hongkongais.   

Brooke Taylor se présente comme le directeur narratif de l’entreprise. Monégasque de naissance, il émigre en Floride, puis fait ses humanités en Angleterre, en France, et à la Nouvelle Orléans.   

Encouragés par les uns et les autres, ils ont décidé de présenter désormais leurs collections à Paris et encore plus épatant, de les faire fabriquer … en France.   

   

La présentation est pleine de surprises. “Les Limitations de la logique et l’absence de la certitude absolue” , une mini tornade aléatoire , toujours en mouvement, oeuvre d’Alistair Mc Clymont, accueille le visiteur. ( notre photo).  Un âne empaillé symbolise la traversée du désert par laquelle passent tous les créateurs à leur début.   

"Painterly architectonic" de Liubov Popova

Enfin les tenues, sont inspirées d’un tableau constructiviste de Liubov Popova, datant de1917: ” Painterly architectonic”.   

   

Cinq blocs de couleur donnent le ton. Le désert  cité plus haut donne la forme: ce seront des dunes. L’impression d’ensemble reflète l’élégance et la maîtrise de la coupe. Les matières se font carapace et voiles.   

   

Très étonnement, alors que des mannequins en bois sont les seuls supports aux modèles, on les imagine parfaitement dans un mouvement, voire une danse, qui fait singulièrement penser aux ballets russes.   

   

L’esprit couture flotte sur cette collection puzzle et patchwork, et les œuvres présentées procurent la saveur de l’émotion.  Enfin, à la fin de la visite, Le Dandy Taylor vous offre avec grâce une canne pour ne pas se perdre dans le désert, car celle ci contient une boussole, et pour peu qu’on soit un peu plus curieux, un flacon caché contenant quelques gouttes d’un précieux liquide: un armagnac de 1917… La classe et la cohérence!  

Emotion, dites-vous? Donc pari gagné? Parfaitement, Paris gagné!   

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COMMENT SEDUIRE LES CHINOIS : LECON D’UNE SPECIALISTE!

2 mars 2010

Marie-Chantal Khelfa est un personnage hors du commun. « Senior coordinator » chez Joyce, au Palais royal. Elle parle « cash », dans tous les sens du mot. Grande avocate de la mode française et des jeunes créateurs, elle nous fait partager sa passion sans langue de bois. Les oreilles vont siffler !
DP : Quand nous étions en Turquie pour la fashion week, tu m’avais dit des choses formidables sur les rapports avec les Japonais et les Chinois. Vu de France ça à l’air très simple et en même temps très compliqué. Tu m’as semblé avoir des clés pour pouvoir travailler avec eux, ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas et surtout les fausses idées.
MCK :
Par rapport aux japonais qui foncent de suite, les chinois sont assez ouverts mais ils ont un temps de réflexion au départ ; ils se demandent d’abord si ça va marcher et si ça peut marcher. Souvent, ils n’achètent pas la première collection par peur d’une mauvaise livraison ou une mauvaise fabrication. Ils détestent faire une commande et n’en recevoir qu’un quart car ils ne supportent pas de perdre de l’argent. Ils attendent donc de voir une deuxième saison pour vérifier si les tailles sont bonnes, si c’est bien livré et c’est après cette mise sous surveillance qu’ils décident si ils peuvent travailler sur du long terme.
Par exemple pour un jeune créateur de bijoux, on a commandé des modèles très chers mais reçu des pièces cassées et en retard. Nous, on avait fait une campagne pour Noël avec ses bijoux. Sur 15 pièces, on en a reçu 4 et en mauvais état. On l’a vraiment défendu vis-à-vis de Hong Kong. Mais désormais c’est fini pour lui.


DP : Et en ce qui concerne les jeunes créateurs ?
MCK :
Les Chinois aiment attendre pour être certains du créateur. Ils veulent faire de l’argent et veulent le meilleur. Ils ont un côté capricieux ; ils peuvent aimer et ne plus aimer du jour au lendemain et ce sera terminé, ils ne reviendront pas dessus alors que les japonais continuent, essaient de faire avancer la création. Et puis, ils jugent très (trop vite). Par exemple pour Alexis Mabille, les chinois aiment beaucoup l’homme mais ils trouvent sa femme un peu trop parisienne.
DP : Ca veut dire quoi trop parisienne?
MCK :
C’est ça le problème avec les chinois, ils n’expliquent pas, ils sont comme des enfants gâtés, Ils aiment bien aussi Gustavo Lins ou Josephus Thimister aussi mais comme il vient de reprendre, ils sont encore un peu frileux.
Là, on est allé voir Barnabé Hardy qui travaille le cuir comme personne. On a vu la première collection et il n’avait fait que des vestes. Pour le marché chinois il faut une silhouette et une image. Et uniquement des vestes ce n’est pas possible. Et là cette deuxième saison, il a rajouté de la maille ce qui est déjà mieux. Les prix son corrects, les matières sont sublimes et je pense qu’il est sérieux au niveau des livraisons et je me suis battue pour qu’ils l’achètent.
DP Tu m’avais dit qu’ils cherchaient les jeunes créateurs mais qu’ils leurs donnaient une période assez courte pour faire leurs preuves.
MCK :
Oui, cela ne dépasse pas deux saisons. Je suis toujours là pour défendre les jeunes créateurs français mais le problème, c’est qu’ils ne sont pas toujours sérieux. Déjà, c’est une organisation, la livraison, la qualité, et si avec la deuxième collection c’est compliqué, qu’ils livrent mal… C’est fichu.
DP : Le problème pour les livraisons c’est qu’il n’y a presque plus en France d’industriels de l’habillement et que ceux qui restent font d’abord passer les grandes maisons avant les jeunes créateurs.
MCK :
Pour ça, les chinois pensent qu’ils devraient avoir une aide plus concrète de l’état français ou des fédérations. Les fédérations pourraient par exemple créer une usine où on regrouperait les jeunes créateurs. Bon un patronage c’est un patronage … et quelque part je pense qu’ils peuvent tous s’aider. Il faut créer un lien comme un GIBO à la française, par exemple. Faire une sorte de groupe. Et ça peut dépanner des jeunes créateurs. Pour eux, je pense qu’Il vaut mieux faire de moins pièces mais assumer ce qu’ils font en termes de livraison et de qualité. Je suis sûre qu’il peut y avoir une usine, quelque chose où tout pourrait être fabriqué en petites quantités et à temps. En outre, beaucoup de jeunes créateurs se sentent délaissés par la fédération qui pourrait faire plus de choses pour eux, à l’instar des anglais, des italiens ou des belges.

DP : Comment les chinois font ils connaître les créateurs dans les magasins en Chine ?
MCK
: A Hong Kong on fait des défilés et une présentation à la presse pour les annoncer et dans les vitrines de Joyce Pacific il y aura toutes les plus belles tenues. On va écouter les gens pour voir ce qu’ils en pensent, et promouvoir le produit. C’est très important d’essayer de comprendre les consommateurs. Il faut savoir que les clients chinois sont très gâtés et peuvent changer très vite de créateurs. Mais s’ils savent que tu évolues bien, que les livraisons se font bien ils suivent.
Il n’y a que pour Balmain qu’ils font une exception, mais je ne comprends vraiment pas pourquoi. Pour Balmain la première collection ils n’étaient pas fan et on a acheté quand même car il a une image par rapport à d’autres qui ont perdu leur âme.
DP : Quand tu parles des chinois, tu parles des acheteurs de Hong Kong ou de la Chine occidentale ?
MCK :
Pour Shanghai, les acheteurs me disent que c’est complètement différent car même si il y a de nouvelles boutiques qui ouvrent, ils sont encore très conservateurs. Ils n’ont pas encore la culture mode. Ce n’est pas aussi fort que Hong Kong qui est fan de luxe. Mais tu a toujours les vraies valeurs avec Hermès et Chanel. Ils aiment Hermès car ils veulent du style et quelque chose de différent. Alors que les japonais vont suivre longtemps Yohji Yamamoto ou Comme des Garçons. Bon, pour les chinois, il y a une clientèle fidèle qui malgré tout veut toujours plus de nouveautés. Ils sont très demandeurs ce qui est bien pour les jeunes créateurs, et la décoration. Ils veulent vraiment de nouvelles choses et ce qu’ils reprochent à la France et à Paris c’est que nous ne sommes pas assez professionnels, sérieux, rigoureux et fermes. Les italiens, c’est plus le côté marketing. L’image du luxe et de la mode c’est vraiment la France et quoi qu’il arrive les acheteurs attendent toujours les défilés à Paris. C’est pour ça que je défends les français.
DP : Paris c’est quand même plus calme en ce moment.
MCK :
Il y a de jeunes créateurs brillants, mais pour eux, les chinois veulent qu’il y ait de la presse, sinon ils n’achètent pas ! Mais, comme la presse française ne fait pas son boulot et ne soutient pas la jeune création -ce qui est scandaleux- les chinois n’achètent pas les jeunes créateurs français! Regarde Gustavo Lins. Il travaille formidablement bien et ce qu’il fait est magnifique. On a vendu ses premières collections mais comme il n’y a pas assez de presse, les chinois ont arrêté de l’acheter. A Hong Kong et à Shanghai, Ils sont très consommateurs et demandeurs donc c’est super mais si la presse ne suit pas ils vont chez Chanel et Hermès.
Vogue France : Ils ont fait un numéro spécial avec des tenues pour leurs annonceurs ! On ne voit rien de nouveau toujours les mêmes, toujours les mêmes photographes ! Le Vogue Italie et le Vogue Espagne sont bien plus novateurs ! C’est vraiment triste ! J’ai vu Carine Roitfeld et je lui ai dit qu’il serait bien d’aider les jeunes créateurs. Elle m’a répondu « tu ne changeras jamais ! ». Ca leur coûte quoi de mettre des jeunes créateurs au moins dans le spécial mode. Il n’y en a pas dix mille ! Ne serait-ce qu’une seule page ça ne leur coûte rien. Il faut avoir le respect des jeunes créateurs et au moins en parler. Aujourd’hui, un Jean-Paul Gaultier ou un Yohji ne passerait même pas dans les magazines de mode!
DP : Quelles autres qualités sont nécessaires pour les français ?
MCK :
Les chinois aiment la créativité. Or, en France, on est en train de commettre des erreurs de stratégie ! Et il y a une baisse de la créativité. A cause de ce côté marketing qui quand il tue la création, devient détestable: regarde des maisons comme Vionnet ou Rochas. Au lieu de rechercher l’ADN de la marque, elles font du marketing commercial à l’italienne. En plus, de l’italien dont on a plus envie. Je l’ai dit, il y a 15 ans quand j’étais chez Dior… c’est bien le côté marketing mais au bout d’un moment ça va éclater comme une bulle car quand tout le monde fait du marketing et plus de la mode, tout le monde fait la même chose et tue le marché. Quand on était avec Jean Paul Gaultier, Montana ou Mugler, on voulait des looks. C’était génial les années 80, très fort ! Et on peut encore dans cette génération de jeunes créateurs faire des choses, mais on ne les voit pas, les pauvres !


DP Un dernier conseil pour les jeunes maisons ?
MCK :
Ce que j’aime chez les chinois, c’est qu’ils aiment découvrir. A l‘inverse des japonais qui sont bien plus sentimentaux, quand un chinois veut quelque chose c’est maintenant. Il faut donc être très réactif ! Etant donné qu’ils ont tout, ils veulent avoir les choses de suite. Les chinois sont argent, business. Après ils savent s’amuser mais ils séparent beaucoup les choses. Ce qui est institutionnel est important pour eux et ce qu’ils aiment le plus, c’est le pouvoir. Si tu n’as pas de pouvoir en Chine tu n’as rien. En outre, ils savent que le pouvoir ils l’ont. Et c’est ce qu’ils veulent. Là dessus ils sont beaucoup plus forts. Avant même la richesse, c’est le pouvoir. J’ai mis du temps à le comprendre mais je l’ai compris.

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ANNA WINTOUR DIVORCE A L’ITALIENNE

15 février 2010
anna_wintour  petite

Anna Wintour

mario boselli

Mario Boselli

Jusqu’où ira l’Editrix la plus star de la mode ? La voilà qui se mêle de faire écourter les dates des défilés milanais … et qui y arrive.
Pour quelle raison ne veut elle plus quitter les States? Anna a une excuse en béton armé: Hollywood!
En effet, bien que toute puissante, elle n’a tout de même pas encore le don d’ubiquité. Anna a donc demandé et obtenu que les défilés importants soient concentrés sur quelques jours seulement le 26 et le 28 Février au lieu du 24 Février au 3 Mars afin de pouvoir assister à la cérémonie des Oscars. Ce faisant, elle a tout de même réussi à se fâcher avec son grand ami Diego della Valle, brillantissime propriétaire d’un bon nombre de sociétés dont Tod’s, et avec Mario Boselli, président de la fédération de la Mode italienne : « Elle est toujours la bienvenue, mais si c’est pour faire une visite éclair, elle ferait mieux de rester chez elle ».a t’il déclaré avec le sens de l’euphémisme qui le caractérise.
Il y a quelques années, une tentative similaire avec la France s’était heureusement soldée par un échec, Anna voulant concentrer les défilés les plus importants sur quelques jours, mais les mauvaises relations avec la fédération française de la couture s’en ressentent encore. Il est évident que la grande prêtresse de la mode, si elle défend de façon formidable les jeunes talents américains n’a pas la même sollicitude s’ils sont italiens ou français.
Sa nouvelle carrière hollywoodienne (Par procuration « le Diable s’habille en Prada », mais surtout « The september issue ») va t’elle prendre le pas sur sa modeste carrière de fashionista en chef ?

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Diego della Valle

Va-t-elle préférer l’empreinte de ses mains dans le ciment frais du Grauman’s Chinese Theatre à son nom calligraphié sur les chaises Napoléons III des défilés couture? Elle devrait pourtant se rappeler que Diego della Valle est également l’un des propriétaires de Cinecitta….

 

 

 

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LECON DE MODE ET NOUVELLE COUTURE

15 février 2010

anne valerieAprès midi de Charme avec Anne Valérie Hash, avec démonstration de savoir faire avec petits gâteaux au gingembre à la clef.

Anna Valérie Hash fait indéniablement penser à une héroïne de la Comtesse de Ségur (Née Rostopchine) : elle ne fait rien comme tout le monde.

Son show room d’abord, dont la déco navigue entre salle de garde Violet le duc et claque à la Maupassant; il parait qu’il hébergea jadis une secte.

Sa structure également, qui fait mentir le mythe qu’une créatrice ne peut pas être aussi une femme d’affaire.

Ses défilés enfin, tel celui qu’elle vient de présenter lors de la couture, et qui n’en était pas vraiment un. Ce qu’elle propose, c’est une démonstration de savoir-faire pour 2010 ; Avec l’esprit d’une maison qui a à peine 9 ans, elle ne veut pas concurrencer les grandes maisons. Elle veut arriver à faire passer un message .plutôt que de défiler avec du prêt-à-porter haut de gamme hiver pendant la couture d’été comme certains créateurs. Elle l’a elle-même fait au départ et dit qu’on a considéré cela comme une imposture. Pour toi, cher weblecteur, elle décrypte sa collection intitulée « confidences ».

DP ; tu défiles pendant la couture, mais tu te défends d’en faire.
AVH
Je préfère faire un évènement qui nous sert plutôt que de la haute couture pour la haute couture. La couture est une prestation artistique, un exercice de style. La couture ne disparaitra jamais, c’est comme le théâtre. La couture c’est la main, c est l’émotion. Pour ce que j’ai présenté, la presse a très bien réagi avec ces projets, avec un regard autre, des projets pour moi pleins de sens.alber elbaz IP petit

LOOK 2 albert petitDP Raconte moi ta collection :
AVH
J’ai demandé à des personnalités du monde de la mode et des arts de me confier l’un de leurs vêtements fétiches ou qui avait une place particulière pour eux ou qu’ils détestaient et je les ai transformés.
J’ai essayé de retranscrire la personnalité de l’artiste dans le vêtement lui-même.

DP Voyons un peu
AVH :
Alber Elbaz nous a donné un pyjama. Le vêtement a été donné avec une petite note : Alber aimait être en pyjama quand il était petit et maintenant encore quand il rentre, il se met en pyjama. On a démonté au découd vite le pyjama et on a remis le tissu sur des toiles. Et quand il a fallu recouper le vrai modèle d’Alber, on a refait des boutonnières et on l’a remonté : ce n’est plus son vrai pyjama. On s’est demandé avant ce travail de remontage, qui est Alber ? C’est un petit clown, en fait. On a donc fait une combinaison all over pour montrer qu’il est détendu, sympathique, bien dans ses baskets (c’est qu’il a de l’humour pour nous donner un pyjama). D’ailleurs, je le vois bien arriver au bureau en pyjama avec une veste de smoking.
Ça a l’air de rien mais c’est très complexe. C’est un travail de couture sans être couture car il y a beaucoup de finitions mains pour que la toile tailleur s’arrête au bon endroit. Je voulais un côté dégaine « loose » sans être « loose ».

DP Mais faire du neuf avec du vieux ca coute plus cher et prend plus de temps que de faire un nouveau modèle.
AVH
Tu as entièrement raison, car quand un modèle est raté, tu le jettes, tu ne le reprends pas. Ici ça ne faisait pas partie du possible car on s’est imposé de faire uniquement avec ce qu’on nous avait donné, donc, pas de triche possible.
Pete Doherty nous a donné un blouson du concert qu’il avait fait et on l’a démonté. On a mis une partie sur le manteau et les brandebourgs sur le t-shirt. Les anglais ont un vrai style.peter doherty ip petit
Pete Doherty est un rockeur, un dandy, donc on lui a fait une redingote qu’il pourrait porter sur scène avec une guitare, on lui a recréé un vêtement avec une partie couture. C’est plus l’esprit couture que nous avons voulu faire ressortir que la vraie couture, pour laquelle nous n’avons pas la clientèle.LOOK 5 PETE DOHERTY petit

Tilda Swinton nous a donné un t-shirt que l’on a recouvert d’une sorte de tissu liquide avec du satin duchesse lavé super épais.
Leila Seydoux nous a donné un petit sac africain qu’elle a trouvé à un euro sur le marché et on en a fait une combinaison.

« Iris Von Dongen » artiste du nord qui fait des tableaux incroyables avec du rose fluo, rouge vermillon agressif et c’est vraiment une artiste très noire qui apporte des touches de couleur illuminé. On a regardé son travail et ça a été le même travail avec chaque artiste. C’est aussi extrêmement symbolique. On l’a recouvert avec ce qu’on appelle du tissu liquide

DP C’est ce tissu incroyable qu’on appelle aussi cristal de soie.
AVH
C’est le tissu le plus fin du monde. Ici ion a été obligé de mettre 2 épaisseurs car quand tu le travailles, il t’échappe des mains. Il vole avec l’électricité statique. Il réagit difficilement au travail. Quand tu le portes, tu as l’impression d’être dans l’eau.
Nous avons travaillé sur des concepts: « Bettina Reims a envoyé sa robe de ses 20 ans offerte par Alaïa avec laquelle elle dansait chez Castel des nuits entières. On s’est demandé qui était Bettina Reims et on s’est dit qu’elle n’est plus très féminine, c’est un petit mec. Cette veste s’est transformée en bottes. J’ai fait appel à de grands façonniers comme Massaro, Maison Michel. Pas de broderie car trop cher mais ça aurait été complètement l’idée.

DP Oui, vous avez fait appel aux savoir faire les plus aboutis ;
AVH :
Ce qui nous a guidés c’est le travail de la main appliqué à une histoire, une histoire pour chaque personnalité, pour chaque vêtement. Lun des modèles les plus difficiles a été le tutu et la ballerine d’Isabelle Ciaravola Pour le tutu, tout a été démonté à plat, et il est resté la carcasse et la broderie. Tout le reste a été enlevé. On ne voulait pas garder l’esprit du tutu. Le chausson a été transformé en gant par la maison Fabre.I.Ciaravola Chausson robe petit
Pour le vêtement de Charlotte, j’ai pensé mi portier de nuit mi smoking, la veste est à moitié transparente.

DP c’est entre le cadavre exquis et le monstre de Frankenstein.
AVH
Oui car ça fait comme des cicatrices ? Ce sont des vestes squelettes.

 LOOK 12 tutu petit

DP Ici, vous avez pris des baskets.
AVH
Oui, celles de Robin Rhode un artiste sud africain qui commence a avoir une réputation mondiale que nous avons démontées et incrustées dans un T shirt.

Chez JPG, une amie Sybille de Sainte Phalle qui fait des castings pour Hermès nous a donné avec l’accord de Jean Paul une de ses marinières.
Daphné Guiness qui nous a donné une veste Chanel, dont on a gardé que le satin rose et une base noire qui est sous la veste, en doublure.
Comme tu vois nous n’avons pas essayé de rivaliser avec Dior ou Chanel.

ROBIN RHODE ip petitLOOK 7 bis robin rhode petit 

 

DP : Mais la couture, c’est avant tout une prestation artistique donc tu es dans le vrai, même si tu n’a pas soixante ouvrières dans ton atelier. C’est un exercice de style, avec les plus beaux tissus, les plus belles matières.
AVH :
Oui et la presse l’a très bien compris qui a envie d’autre chose qui contienne du sens. La presse s’interroge depuis vingt ans sur l’avenir de la couture. Ma collection est une possibilité de réponse. En fait, on a conçu cela comme une expo, et on espère bien la faire voyager. Nous avons des demandes pour New York, Tokyo et Los Angeles.

DP En même temps, si je regarde ta dernière collection Prêt-à-porter, je vois des déclinaisons de la couture. Donc tu utilises bien ta couture ou non couture comme un travail de recherche. Comme une maison de couture classique.
AVH
Mais c’est bien à cela que ca doit aussi servir.et je l’utilise dans la même saison. Je propose à mes clientes de m’apporter un vêtement, et je le customise. Si elle n’a rien ou ne veut rien me donner, c’est qu’elle n’a pas compris le concept.

DP Ce n’est pas une collection facile, elle est ultrasophistiquée elle demande un vrai décryptage, elle s’adresse aux femmes intelligentes
AVH
Ca demande de connaître l’autre et d’avoir envie de s’y intéresser. J’ai déjà envie de faire la suite et d’aller plus loin dans la démarche. En attendant, j’espère avoir pu montrer ce qu’une petite maison comme la nôtre peut faire passer comme message en 2010. Notre couture ne peut pas accéder à la splendeur de ces grandes maisons, nous ne concurrencerons jamais les Dior et les Chanel. La difficulté de se glisser dans ce calendrier c’est de ne pas avoir l’air cruche (Rires). Quand Didier Grumbach m’a demandé de défiler pendant la couture, je lui ai dit que la couture était une page blanche d’écriture pour la création, et que sans les jeunes créateurs, la couture ne durerait qu’un seul jour.et demi. Après, les journalistes diront de venir à New York car il n’y aura plus assez de défilés à Paris pour se déplacer.

DP C’est le sens de la rencontre Estrosi Wintour dont j’ai parlé dans ces colonnes.
AVH
Anna Wintour a créé une bulle à New York. J’ai dit à Didier qu’il fallait qu’on se bouge nous aussi car sinon, dans dix ans qui restera t’il à Paris? Plus aucune des jeunes maisons en tous cas. En tous cas, je vois l’influence de la collection couture sur les ventes de la pré-collection Prêt-à-porter, c’est énorme. Et les clientes ont bien compris. Car derrière il y avait l’évènement couture. Le fait d’avoir présenté la couture nous a aussi permis de lancer une collection d’entrée de gamme sans faire descendre l’image de la maison.

DP Tu as fait rentrer ton défilé dans ton budget communication.
AVH
Qu’est ce que c’est d’autre ? Mais c’est bien dommage que les télévisions ne suivent plus. Quand j’étais jeune, je séchais les cours et je prétendais avoir 40 de fièvre pour regarder les émissions de Marie Christiane Marek. Aujourd’hui il n’y en a que pour le foot. C’est insupportable. Il y a un vrai travail de reconquête de la presse à faire et particulièrement de la télévision.

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SUICIDE PRESUME D’ALEXANDER MCQUEEN

11 février 2010
alexander-mcqueen

Alexander Mc Queen

Le formidable créateur Alexander McQueen vient de disparaitre à l’âge de 40 ans. Son corps a été retrouvé sans vie ce matin chez lui.

L’un des plus grands talents de la Haute couture (Il a été le directeur artistique de Givenchy), n’a pas survécu à ses démons. Sa mère Joyce s’était éteinte il y a quelques jours seulement.

 

Mc Queen bw

Diplômé en 1992 de lla St Martins school,  Alexander McQueen se fait remarquer très tôt par la célèbre rédactrice Isabella Blow, elle-même disparue il y a trois ans. C’est elle qui le rendra célèbre..

A 26 ans à peine, il reçoit  3 fois le prix British Designer of the Year, et après le refus de Jean-Paul Gaultier, il succédera à John Galliano à la tête de la maison Givenchy lorsque celui-ci la quittera pour Dior.

Il aurait un moment été pressenti  chez Yves Saint Laurent pour prendre la suite de tom Ford après le départ de ce dernier.

Son coté sombre s’exprimait souvent dans ses défilés, cadavres d’animaux, mis en scène, oiseaux empaillés en cage, le créateur a toujours flirté avec des idées sombres qu’il éclairait cependant de son brillant talent.
La mode perd aujourd’hui beaucoup plus qu’un créateur, c’est un véritable génie qui disparaît.

 

Alexandra Shulman, rédactrice en chef de vogue ANGLAIS, a déclaré qu’A McQueen avait influencé toute une génération de designers.  Elle a ajouté: “son imagination brillante était sans limites. Sa mort est une perte énorme pour toutes les personnes qui le connaissaient et de très nombreux qui ne le connaissaient pas».
Par égard pour sa famille, le bureau du créateur n’a pas souhaité faire de déclaration.

 

 

 

sa collection P/E 2010

 

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